{"id":284,"date":"2008-10-22T00:22:58","date_gmt":"2008-10-21T22:22:58","guid":{"rendered":"https:\/\/blog.fnlp.fr\/?p=284"},"modified":"2020-01-12T00:29:17","modified_gmt":"2020-01-11T23:29:17","slug":"la-laicite-vecteur-de-la-raison-democratique","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/blog.fnlp.fr\/?p=284","title":{"rendered":"La la\u00efcit\u00e9, vecteur de la raison d\u00e9mocratique"},"content":{"rendered":"<h4><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"wp-image-285 alignleft\" src=\"https:\/\/blog.fnlp.fr\/wp-content\/uploads\/2020\/01\/philippe_forget.jpg\" alt=\"\" width=\"149\" height=\"139\" \/>par Philippe Forget<\/h4>\n<div class=\"chapo\">\n<blockquote><p>A grand renfort de spectacle et aux frais de la R\u00e9publique, le pape a \u00e9t\u00e9 re\u00e7u par l\u2019Ex\u00e9cutif fran\u00e7ais, en septembre dernier, comme un chef d\u2019Etat des plus \u00e9minents, alors qu\u2019il est seulement le pontife d\u2019une grosse secte religieuse dont les cr\u00e9dulit\u00e9s rel\u00e8vent de la sph\u00e8re priv\u00e9e et ne sauraient ordonner les normes de la vie publique dans une nation souveraine. L\u2019homme est n\u00e9anmoins habile\u00a0; et de prime abord, il entend bien distinguer le domaine de la foi du domaine politique, aucun ne devant empi\u00e9ter sur l\u2019autre. De m\u00eame, il pr\u00e9tend promouvoir l\u2019acquisition des connaissances, la formation d\u2019hommes cultiv\u00e9s et la riche diversit\u00e9 des nations. C\u2019est ainsi que l\u2019Eglise se pr\u00e9sente comme un acteur social et culturel de la vie d\u00e9mocratique, \u00e0 laquelle elle apporterait un patrimoine d\u2019histoire et de sagesse.<\/p><\/blockquote>\n<\/div>\n<div class=\"texte\">\n<h3 class=\"spip\">Le spectacle du pape, stratag\u00e8me de <i>minoration<\/i> du peuple<\/h3>\n<p>En ces temps o\u00f9 l\u2019on d\u00e9nonce la pr\u00e9carit\u00e9 du lien social, o\u00f9 l\u2019on confond humanisme et \u00ab\u00a0victimisme\u00a0\u00bb, o\u00f9 les uns vitup\u00e8rent le r\u00e8gne de l\u2019argent et de la consommation, les autres l\u2019individualisme et l\u2019irresponsabilit\u00e9 collective, enfin o\u00f9 politiques, journalistes, id\u00e9ologues stipendi\u00e9s et experts mandat\u00e9s, se gobergent de \u00ab\u00a0valeurs\u00a0\u00bb \u00e0 retrouver ou \u00e0 d\u00e9fendre, l\u2019intervention de l\u2019Eglise dans le d\u00e9bat d\u00e9mocratique est acclam\u00e9e par beaucoup, et au premier chef par les \u00e9lites autoproclam\u00e9es qui tiennent le pays. Celles-ci sont en effet ravies de masquer le co\u00fbt social et politique de leur domination derri\u00e8re les postures de \u00ab\u00a0belle \u00e2me\u00a0\u00bb que prodigue le monarque du Vatican.<\/p>\n<p>Il s\u2019agit donc de r\u00e9fl\u00e9chir \u00e0 quoi sert l\u2019exhibition r\u00e9currente du pape sur la sc\u00e8ne m\u00e9diatique, elle-m\u00eame surd\u00e9termin\u00e9e par la logique du capitalisme financier et les stratag\u00e8mes de la ploutocratie globalitaire. Quels gains politiques et id\u00e9ologiques celle-ci escompte-t-elle retirer de la visite spectaculaire du pape\u00a0? Le premier objectif consiste \u00e0 flatter l\u2019\u00e9lectorat catholique\u00a0; mais le plus profond est en v\u00e9rit\u00e9 de convaincre la conscience populaire qu\u2019elle ne d\u00e9tient pas, par l\u2019exercice de sa raison propre, les crit\u00e8res de son jugement moral et politique sur sa vie collective. L\u2019oligarchie fran\u00e7aise et europ\u00e9enne s\u2019accorde avec la papaut\u00e9 pour entreprendre la <i>minoration<\/i> politique du peuple. Au pr\u00e9texte de \u00ab\u00a0la\u00efcit\u00e9 positive\u00a0\u00bb, les pouvoirs conspirent \u00e0 restaurer l\u2019autorit\u00e9 religieuse et \u00e0 lui subordonner la conscience civique.<\/p>\n<p>Ils pr\u00e9tendent enrichir le d\u00e9bat public sur des questions d\u2019int\u00e9r\u00eat g\u00e9n\u00e9ral par l\u2019apport culturel que constituerait la parole des religions monoth\u00e9istes, et notamment la catholique. C\u2019est oublier un peu vite que l\u2019Eglise n\u2019est en rien une institution d\u00e9lib\u00e9rative, mais une structure de commandement et d\u2019ob\u00e9issance. Elle ne doute ni de ses dogmes, ni de ses rites, ni de sa th\u00e9ologie, ni de son pastorat universel, ni de sa hi\u00e9rarchie apostolique. Comme elle n\u2019est pas constitu\u00e9e pour dialoguer, faire de l\u2019Eglise le p\u00f4le d\u2019un dialogue est un leurre. Fid\u00e8le \u00e0 la th\u00e9orie du cardinal Dupanloup, le pouvoir cl\u00e9rical fait mine de d\u00e9battre\u00a0: en fait, (<i>Th\u00e8se<\/i>) il essaie d\u2019envahir la sc\u00e8ne m\u00e9diatique de ses \u00ab\u00a0valeurs\u00a0\u00bb, de ses bons sentiments et de ses pr\u00e9ceptes, en attendant que les circonstances lui permettent de transformer tous ses propos onctueux et \u00ab\u00a0spirituels\u00a0\u00bb en ordonnancement strict de la vie populaire (<i>Hypoth\u00e8se<\/i>). Pendant qu\u2019il ourdit son entreprise, il doit observer avec d\u00e9lice combien l\u2019\u00e9lectoralisme, le sociologisme, l\u2019\u00e9galitarisme et le \u00ab\u00a0victimisme\u00a0\u00bb ont ruin\u00e9 la tradition historique, la discipline intellectuelle et la coh\u00e9rence politique du parti du mouvement et du progr\u00e8s\u2026<\/p>\n<p>Survivance sociale, l\u2019Eglise n\u2019en reste pas moins une ruine historique et herm\u00e9neutique. Boulevers\u00e9e par les Temps modernes, elle n\u2019a ni les mots ni la grammaire pour \u00e9clairer la modernit\u00e9 et ses enjeux. Provoquer son retour au c\u0153ur de la Cit\u00e9 rel\u00e8ve d\u2019une politique r\u00e9gressive qui ne veut pas affronter les d\u00e9fis de l\u2019heure, et encore moins mobiliser l\u2019esprit public. L\u2019oligarchie se cherche des b\u00e9quilles pour maintenir sa domination, elle tambourine autour d\u2019un vieux sortil\u00e8ge pour favoriser l\u2019apathie g\u00e9n\u00e9rale. Etrang\u00e8re \u00e0 toute id\u00e9e de transformation historique, la parole papale voile d\u2019assertions illusoires un monde qu\u2019elle ne comprend pas mais qu\u2019elle veut n\u00e9anmoins reconqu\u00e9rir. Ce faisant, elle \u00e9gare la conscience populaire vers des probl\u00e8mes qui n\u2019en sont pas et des solutions qui n\u2019en sont pas. Elle contribue par l\u00e0 m\u00eame \u00e0 affaiblir l\u2019effort cognitif du peuple quand il cherche \u00e0 comprendre sa situation historique et \u00e0 la surmonter. Au total, l\u2019intervention sentencieuse de la papaut\u00e9 sur le sens et les id\u00e9aux de la R\u00e9publique contribue \u00e0 en ruiner l\u2019unit\u00e9 politique et la coh\u00e9rence \u00e9thique. Tout ce dispositif m\u00e9diatico-cl\u00e9rical invite insidieusement le citoyen \u00e0 se d\u00e9mettre de ses propres possibilit\u00e9s cr\u00e9atrices et \u00e0 s\u2019en remettre \u00e0 un pastorat Pourtant, on voit mal comment la R\u00e9publique \u00e9clair\u00e9e pourrait partager son espace public avec un appareil se pensant comme l\u2019autorit\u00e9 tut\u00e9laire du genre humain, sauf si elle consent \u00e0 renier sa souverainet\u00e9, son indivisibilit\u00e9 et sa la\u00efcit\u00e9.<\/p>\n<h3 class=\"spip\">L\u2019Europe ou la nouvelle ambition th\u00e9ocratique du Vatican<\/h3>\n<p>Sur cette derni\u00e8re condition, le pape a au moins le m\u00e9rite de la franchise. Il a ainsi affirm\u00e9\u00a0: \u00ab\u00a0Il est en effet fondamental d\u2019insister sur la distinction entre le politique et le religieux\u2026 et d\u2019autre part, de prendre une conscience plus claire de la fonction irrempla\u00e7able de la religion pour la formation des consciences et de la contribution qu\u2019elle peut apporter, avec d\u2019autres instances, \u00e0 la cr\u00e9ation d\u2019un consensus \u00e9thique fondamental dans la soci\u00e9t\u00e9.\u00a0\u00bb<span class=\"spip_note_ref\">\u00a0[<a id=\"nh1\" class=\"spip_note\" title=\"Discours de Beno\u00eet XVI \u00e0 l\u2019Elys\u00e9e, le 12 septembre 2008.\" href=\"http:\/\/old.fnlp.fr\/spip.php?article298#nb1\" rel=\"footnote\">1<\/a>]<\/span> Autrement dit, le politique est autoris\u00e9 \u00e0 agir librement dans sa sph\u00e8re, mais \u00e0 condition que la conscience populaire soit en amont form\u00e9e par la religion. L\u2019\u00e9thique civile du citoyen ne saurait proc\u00e9der de sa raison instruite et partag\u00e9e, mais de la seule conscience \u00e9duqu\u00e9e par les pr\u00eatres. Les citoyens sont en droit de d\u00e9cider politiquement\u00a0: certes, s\u2019ils sont de bons croyants que leurs pasteurs auront form\u00e9s \u00e0 penser et agir politiquement selon les crit\u00e8res, les normes, les lois et les finalit\u00e9s de L\u2019Eglise\u00a0! Celle-ci peut bien consentir \u00e0 la s\u00e9paration formelle du politique et du religieux puisque l\u2019action du premier sera conditionn\u00e9e par les prescriptions transcendantes du second.<\/p>\n<p>D\u2019ailleurs, dans l\u2019esprit du pontife, toute l\u2019activit\u00e9 sp\u00e9culative des hommes s\u2019ordonne n\u00e9cessairement \u00e0 la recherche de Dieu. Il n\u2019h\u00e9site pas \u00e0 affirmer que la civilisation europ\u00e9enne provient de l\u2019Eglise\u00a0: \u00ab\u00a0Ce qui a fond\u00e9 la culture de l\u2019Europe, la recherche de Dieu et la disponibilit\u00e9 \u00e0 L\u2019\u00e9couter, demeure aujourd\u2019hui encore le fondement de toute culture v\u00e9ritable.\u00a0\u00bb<span class=\"spip_note_ref\">\u00a0[<a id=\"nh2\" class=\"spip_note\" title=\"Discours de Beno\u00eet XVI aux Bernardins, le 12 septembre 2008.\" href=\"http:\/\/old.fnlp.fr\/spip.php?article298#nb2\" rel=\"footnote\">2<\/a>]<\/span> Partant, il n\u2019est pas \u00e9tonnant qu\u2019il ose juger ensuite que\u00a0\u00ab\u00a0les sciences profanes\u00a0\u00bb devinrent importantes dans l\u2019Europe chr\u00e9tienne \u00ab\u00a0en raison m\u00eame de la recherche de Dieu\u00a0\u00bb. Enfin, pour le pape, une culture qui ne serait pas orient\u00e9e vers Dieu, \u00ab\u00a0une culture positiviste,\u2026serait la capitulation de la raison\u00a0\u00bb<span class=\"spip_note_ref\">\u00a0[<a id=\"nh3\" class=\"spip_note\" title=\"Ibidem\" href=\"http:\/\/old.fnlp.fr\/spip.php?article298#nb3\" rel=\"footnote\">3<\/a>]<\/span>. Celle-ci est alors appel\u00e9e \u00e0 faire preuve d\u2019humilit\u00e9 pour accueillir le Verbe divin. Tous ces propos du pr\u00e9lat signifient une chose tr\u00e8s simple\u00a0: en dehors de la v\u00e9rit\u00e9 religieuse, la vie de l\u2019esprit n\u2019a pas de valeur, et les \u0153uvres de la raison doivent \u00eatre subordonn\u00e9es \u00e0 la parole divine (que d\u00e9tient \u00e9videmment la Sainte Eglise). Et cette hallucinante pr\u00e9somption a \u00e9t\u00e9 applaudie par un parterre d\u2019intellectuels\u00a0! Ceux-ci ignorent sans doute que le monarque mitr\u00e9 tient l\u00e0 un discours dans la droite ligne de la th\u00e9ocratie m\u00e9di\u00e9vale. La doctrine politico-th\u00e9ologique n\u2019a pas chang\u00e9\u00a0: savoirs et arts doivent servir la v\u00e9rit\u00e9 th\u00e9ologique et ne pas en transgresser dogmes et canons. Ratzinger n\u2019oublie pas les fondements intellectuels de l\u2019Inquisition, selon lesquels les gardiens de la Foi ont le devoir de juger et juguler les travaux de l\u2019esprit. Dans cette logique, la philosophie et les sciences jouissent d\u2019un unique statut <i>ancillaire<\/i> aupr\u00e8s de la th\u00e9ologie. La raison doit \u00eatre \u00e0 nouveau la domestique (<i>ancilla<\/i>) de la th\u00e9ologie\u00a0: tel est le fond du discours papal, dont personne dans l\u2019auditoire ne s\u2019est risqu\u00e9 \u00e0 clamer combien il s\u2019agissait d\u2019une insulte \u00e0 la R\u00e9publique.<\/p>\n<p>Bien que l\u2019apathie des caract\u00e8res et la crasse de l\u2019intellect qualifient les mondanit\u00e9s, une question bien plus soup\u00e7onneuse doit n\u00e9anmoins \u00eatre soulev\u00e9e\u00a0: technocrates, m\u00e9diacrates et intellocrates, toute cette classe parasitaire qui perd quotidiennement sa l\u00e9gitimit\u00e9, et dont la domination conduit le pays \u00e0 la faillite, n\u2019est-elle pas pr\u00eate \u00e0 se r\u00e9fugier au pied de l\u2019autel pour se blanchir et conserver ses pr\u00e9bendes\u00a0? Le meilleur exp\u00e9dient pour momifier l\u2019Europe des oligarchies n\u2019est-il pas d\u2019\u00e9touffer la pens\u00e9e critique et productive sous la tutelle du goupillon\u00a0? La crainte d\u2019un bouleversement historique pousse ainsi les \u00e9lites auto-proclam\u00e9es \u00e0 \u00e9riger de poussi\u00e9reux totems afin de m\u00e9duser le peuple. La Banque, le Minist\u00e8re, l\u2019Ecran et la Coupole valent bien d\u2019aller \u00e0 confesse\u2026 Il importe, \u00e0 cette occasion, de souligner que la d\u00e9nonciation \u00ab\u00a0spiritualiste\u00a0\u00bb de l\u2019argent entreprend de voiler les m\u00e9canismes r\u00e9els du capitalisme, ainsi que les responsabilit\u00e9s politiques de ses instigateurs. La moraline r\u00e9actionnaire reste toujours le faux-nez de l\u2019exploitation usuri\u00e8re.<\/p>\n<h3 class=\"spip\">Les fausset\u00e9s intellectuelles du pape. La racine ath\u00e9e de l\u2019Europe<\/h3>\n<p>Cette connivence entre la papaut\u00e9 et l\u2019oligarchie a fait que les propos du premier sur la culture europ\u00e9enne ont \u00e9t\u00e9 qualifi\u00e9s de \u00ab\u00a0haute teneure intellectuelle\u00a0\u00bb. Pourtant, sur ce sujet, Ratzinger s\u2019est livr\u00e9 \u00e0 un coup de force th\u00e9orique, en pr\u00e9tendant que \u00ab\u00a0la recherche de Dieu\u00a0\u00bb \u00e9tait \u00e0 la source de notre civilisation. Celle-ci n\u2019a pas attendu le christianisme pour affirmer son originalit\u00e9 et prendre son essor. Ath\u00e8nes et Rome, le questionnement grec et le b\u00e2tir romain, la raison intellectuelle et la raison ing\u00e9nieuse, engendr\u00e8rent le d\u00e9ploiement europ\u00e9en, sur lequel se greff\u00e8rent ensuite des apports ext\u00e9rieurs qui ne peuvent cependant pr\u00e9tendre au titre de racines de l\u2019Europe. S\u2019est donc pass\u00e9 tout l\u2019inverse de ce qu\u2019affirme le pape\u00a0: L\u2019Europe a fleuri sur la libert\u00e9 de la pens\u00e9e et de la main, et non pas sur une quelconque qu\u00eate d\u2019une transcendance divine.<\/p>\n<p>En effet, tandis qu\u2019ils s\u2019\u00e9tonnaient devant la pr\u00e9sence du Monde et ses ph\u00e9nom\u00e8nes incessants, les philosophes-physiciens de la Gr\u00e8ce antique cherchaient \u00e0 comprendre les choses en tant que telles, comment elles proc\u00e9daient, se constituaient et s\u2019agen\u00e7aient, de quoi elles \u00e9taient issues. Et ce \u00ab\u00a0de quoi\u00a0\u00bb ne signifiait aucunement un \u00ab\u00a0de qui\u00a0\u00bb. La recherche de principes fondateurs n\u2019\u00e9quivaut en rien \u00e0 celle d\u2019un dieu cr\u00e9ateur. L\u2019amour de la vie, le go\u00fbt pour le Monde, la curiosit\u00e9 pour les ph\u00e9nom\u00e8nes, le soin port\u00e9 aux affaires humaines et civiles, la soif de b\u00e2tir, suffirent \u00e0 engendrer le g\u00e9nie europ\u00e9en, sans que Grecs et Romains eussent besoin d\u2019un dieu unique et de sa v\u00e9rit\u00e9 unilat\u00e9rale pour entreprendre de conna\u00eetre et travailler la nature. On ne saurait d\u2019ailleurs confondre les divinit\u00e9s po\u00e9tiques de l\u2019Antiquit\u00e9 avec le dieu th\u00e9ocratique des monoth\u00e9ismes. Apollon invite \u00e0 se conna\u00eetre, la figure d\u2019Hercule \u00e0 civiliser la terre sauvage. Ni l\u2019un ni l\u2019autre ne pr\u00e9tendent prof\u00e9rer une v\u00e9rit\u00e9 \u00e9ternelle \u00e0 l\u2019encontre du monde et des hommes. Ils expriment la situation humaine aux prises avec les vicissitudes de la vie et les terreurs de la nature (<i>physis<\/i>)\u00a0; et leur rem\u00e8de est simple\u00a0: les Travaux du corps et de l\u2019esprit. Les antiques Europ\u00e9ens ne se confi\u00e8rent pas \u00e0 un dieu sauveur\u00a0; \u00e0 l\u2019\u00e9coute de leurs po\u00e8tes, ils s\u2019appuy\u00e8rent sur les puissances concr\u00e8tes de leur existence. Aussi le miracle grec consista-t-il justement dans cet int\u00e9r\u00eat pour la<i> physis<\/i>, d\u00e9velopp\u00e9 par la seule raison en dehors de toute r\u00e9v\u00e9lation, de toute \u00e9criture sainte. Le philosophe s\u2019interrogeait sur l\u2019\u00eatre des choses \u00e0 partir du Livre des ph\u00e9nom\u00e8nes, nullement depuis un texte r\u00e9v\u00e9l\u00e9.<\/p>\n<p>Germant depuis l\u2019exp\u00e9rience des choses, la philosophie, et la science qui s\u2019ensuit, \u00e9tait et ne peut qu\u2019\u00eatre principiellement ath\u00e9e. Il convient de l\u2019affirmer avec force\u00a0: les racines de la civilisation europ\u00e9enne r\u00e9sident dans un ath\u00e9isme radical de la pens\u00e9e. Dans cette perspective, la notion de Dieu est une simple hypoth\u00e8se, parmi d\u2019autres, sur les raisons du monde. En outre, le r\u00e8gne momentan\u00e9 de cette image sur les consciences a lui-m\u00eame \u00e9t\u00e9 soumis au soup\u00e7on de la pens\u00e9e\u00a0: Feuerbach, Marx et Nietzsche ont suffisamment d\u00e9crypt\u00e9 son agonie pour que l\u2019on sache qu\u2019elle est d\u00e9sormais utile \u00e0 la seule stagnation des rapports de domination, et non \u00e0 leur d\u00e9passement. Depuis le d\u00e9veloppement des Temps modernes, Dieu ne \u00ab\u00a0fait plus monde\u00a0\u00bb\u00a0; mais le pouvoir essaie de le remettre r\u00e9guli\u00e8rement en selle aux fins du pire conservatisme politique et social. L\u2019Europe monoth\u00e9iste s\u2019\u00e9rige comme le s\u00e9pulcre blanchi du Capital.<\/p>\n<p>D\u00e8s lors, la lutte sournoise que m\u00e8ne le pouvoir imposteur contre la la\u00efcit\u00e9 r\u00e9v\u00e8le sa logique morbide. Puisqu\u2019il prosp\u00e8re sur la n\u00e9crose du corps social, il favorise tout ce qui en obscurcit l\u2019esprit. Une masse aveugle et docile est plus facile \u00e0 saigner qu\u2019un peuple \u00e9clair\u00e9 et ind\u00e9pendant. Or quel est le but de la la\u00efcit\u00e9, sinon d\u2019affirmer la souverainet\u00e9 spirituelle<span class=\"spip_note_ref\">\u00a0[<a id=\"nh4\" class=\"spip_note\" title=\"Cet adjectif d\u00e9signe l\u2019activit\u00e9 r\u00e9flexive et cr\u00e9atrice de l\u2019esprit humain. Il\u00a0(...)\" href=\"http:\/\/old.fnlp.fr\/spip.php?article298#nb4\" rel=\"footnote\">4<\/a>]<\/span> du peuple. L\u2019interpr\u00e9tation actuelle veut que la la\u00efcit\u00e9 fonde la s\u00e9paration de l\u2019Eglise et de l\u2019Etat dans un souci de paix civile et d\u2019ind\u00e9pendance constitutionnelle de la puissance publique. La la\u00efcit\u00e9 est alors fix\u00e9e \u00e0 un formalisme juridique, sans que l\u2019on cherche dor\u00e9navant \u00e0 en cultiver l\u2019esprit et la dynamique. En la bornant \u00e0 un dispositif de droit positif, on cesse de la relier aux droits de l\u2019homme et du citoyen, et donc aux id\u00e9aux de la R\u00e9publique\u00a0: la libert\u00e9, l\u2019\u00e9galit\u00e9 et la fraternit\u00e9. Face \u00e0 la propagande oligarcho-catholique, l\u2019urgence du combat intellectuel oblige d\u2019insuffler \u00e0 la la\u00efcit\u00e9 une nouvelle force lib\u00e9ratrice.<\/p>\n<h3 class=\"spip\">L\u2019espace la\u00efque, foyer de la libre connaissance<\/h3>\n<p>Ainsi il nous incombe de rappeler aux tenants de la la\u00efcit\u00e9 \u00ab\u00a0ouverte\u00a0\u00bb ou \u00ab\u00a0positive\u00a0\u00bb que le propre d\u2019une religion th\u00e9ologique est de guider des fid\u00e8les, de diriger leur conscience et non pas de les former \u00e0 exercer leur libert\u00e9 de jugement et \u00e0 \u00eatre ensuite capables de d\u00e9lib\u00e9ration publique. La conduite de la raison, la formation du go\u00fbt et la curiosit\u00e9 pour les savoirs n\u2019ont nul besoin de l\u2019appareil cl\u00e9rical pour exister, dans une R\u00e9publique fid\u00e8le \u00e0 ses principes. L\u2019Ecole au premier chef, mais aussi l\u2019Universit\u00e9 et la Biblioth\u00e8que constituent les instances appropri\u00e9es pour assurer l\u2019instruction publique et l\u2019auto-formation des citoyens. En outre, dans une d\u00e9mocratie achev\u00e9e, la Communaut\u00e9 des producteurs est tenue de penser sa pratique et ses travaux. Elle forme une Communaut\u00e9 r\u00e9fl\u00e9chie, form\u00e9e \u00e0 d\u00e9battre de son exp\u00e9rience pour mieux d\u00e9cider de son activit\u00e9. Quand un peuple fait effort pour construire sa libert\u00e9, aucune raison ne saurait le pousser \u00e0 faire appel \u00e0 la m\u00e9diation d\u2019une organisation priv\u00e9e pour d\u00e9finir qui il est, quelle est sa t\u00e2che et comment l\u2019accomplir. D\u2019autant plus quand cette organisation, il l\u2019a d\u00e9pass\u00e9e historiquement et renvers\u00e9e politiquement<\/p>\n<p>En effet, l\u2019espace public de la R\u00e9publique s\u2019est form\u00e9 du moment o\u00f9 le peuple s\u2019est affranchi de toute tutelle religieuse. Conqu\u00e9rant sa libert\u00e9 de conscience et d\u2019expression, le citoyen a d\u00e8s lors entrepris de b\u00e2tir la cit\u00e9 d\u00e9mocratique comme un foyer de connaissance collective, motiv\u00e9e par le progr\u00e8s moral et mat\u00e9riel de tous. A travers ses penseurs, cr\u00e9ateurs et inventeurs, le peuple forge ses propres mots, ses propres langues, ses propres m\u00e9thodes de communication et de transmission, pour comprendre le monde et le transformer. Aucune faction, aucune secte, n\u2019est en droit de guider son instruction, de former sa moralit\u00e9 et d\u2019orienter le chemin de ses savoirs. S\u2019il y consentait, il perdrait t\u00f4t ou tard la connaissance de soi et du monde. La progression cognitive du citoyen constitue un processus illimit\u00e9 qu\u2019il ne saurait confier \u00e0 une instance h\u00e9t\u00e9ronome, sous peine que celle-ci ne lui interdise d\u2019exercer pleinement ses facult\u00e9s spirituelles et productives. En effet, la souverainet\u00e9 du peuple est non seulement politique, mais aussi morale et spirituelle. L\u2019esprit d\u00e9mocratique est souverain dans les orientations, d\u00e9cisions et expressions de son activit\u00e9 th\u00e9orique et pratique. Majeur, il n\u2019a nul besoin d\u2019un tuteur, de plus ali\u00e9n\u00e9 \u00e0 des Ecritures bien plus restreintes que les Livres du Monde et de l\u2019Histoire. S\u2019abreuvant \u00e0 l\u2019\u00e9tude de ces derniers, la libre pens\u00e9e du peuple sera toujours plus universelle et profonde que celle de toute religion.<\/p>\n<p>La la\u00efcit\u00e9 appara\u00eet maintenant dans toute sa force historique\u00a0: elle garantit au peuple souverain l\u2019ind\u00e9pendance de son savoir, de sa transmission, de sa progression et de son application. En R\u00e9publique, le savoir, qu\u2019il s\u2019applique aux choses, aux m\u0153urs ou \u00e0 la cit\u00e9, proc\u00e8de de la Raison form\u00e9e et formatrice. Comme un tel savoir d\u00e9passe le pr\u00e9jug\u00e9 sectaire, seul l\u2019argument de raison fonde l\u2019unit\u00e9 et la coh\u00e9rence de l\u2019esprit public. Vienne \u00e0 s\u2019y substituer l\u2019argument d\u2019autorit\u00e9 et c\u2019en est fini de la libre unit\u00e9\u00a0des citoyens. Alors, soit ils se d\u00e9chirent autour d\u2019autorit\u00e9s concurrentes, soit ils s\u2019assujettissent \u00e0 une loi qui n\u2019est pas la leur. Existe donc un lien n\u00e9cessaire entre la souverainet\u00e9 du peuple, la libert\u00e9 du citoyen et l\u2019autorit\u00e9 de la raison. Ce lien, la la\u00efcit\u00e9 le constitue et l\u2019exerce. Elle signifie que l\u2019autorit\u00e9 de la raison ne peut coexister dans la <i>res publica<\/i> avec le pr\u00e9jug\u00e9 de l\u2019autorit\u00e9. Aucune autorit\u00e9 ne saurait en effet pr\u00e9d\u00e9terminer la conscience des citoyens. L\u2019autorit\u00e9, ce sont eux qui l\u2019autorisent, la l\u00e9gif\u00e8rent et l\u2019instituent selon la reconnaissance publique des talents. L\u2019autorit\u00e9 de l\u2019enseignant lui est conf\u00e9r\u00e9e parce que la rationalit\u00e9 de son savoir et son talent de le transmettre ont \u00e9t\u00e9 mis \u00e0 l\u2019\u00e9preuve d\u2019un examen rationnel. En revanche, l\u2019autorit\u00e9 \u00e0 laquelle pr\u00e9tend le pr\u00e9lat \u00e9chappe par principe \u00e0 tout examen de la raison puisqu\u2019elle se fonde sur l\u2019ob\u00e9issance du troupeau acquise dans la foi et par la foi. Malgr\u00e9 les circonvolutions de la pseudo-rationalit\u00e9 th\u00e9ologique, le socle le plus profond du discours religieux reste cette formule de Tertullien\u00a0: <i>Credo quia absurdum<\/i> (\u00ab\u00a0Je crois parce que c\u2019est absurde\u00a0\u00bb). Nous sommes l\u00e0 aux antipodes de la pens\u00e9e des Modernes, laquelle sait recueillir la prescription de la parole delphique, \u00ab\u00a0Connais-toi toi-m\u00eame\u00a0!\u00a0\u00bb\u00a0; comme elle entend aussi renouer avec l\u2019initiale parole de curiosit\u00e9 philosophique, lanc\u00e9e par H\u00e9raclite\u00a0: \u00ab\u00a0La Nature aime \u00e0 se cacher\u00a0\u00bb.<\/p>\n<h3 class=\"spip\">La la\u00efcit\u00e9, condition de l\u2019effort d\u00e9mocratique<\/h3>\n<p>H\u00e9riti\u00e8re de la plus longue m\u00e9moire, la la\u00efcit\u00e9 ouvre l\u2019intelligence humaine \u00e0 la pleine et enti\u00e8re exploration du Monde. Le g\u00e9nie de la la\u00efcit\u00e9 fran\u00e7aise r\u00e9side dans cette confiance faite au peuple, libre auteur d\u2019un univers qu\u2019il \u00e9tudie et transforme. Par la la\u00efcit\u00e9, les citoyens s\u2019affranchissent de l\u2019in\u00e9galit\u00e9 que v\u00e9hicule le cl\u00e9ricalisme des r\u00e9v\u00e9lations\u00a0; sur le chemin de la connaissance, tous partent \u00e9gaux. La la\u00efcit\u00e9 abrite \u00e9galement la paix civile quand elle bannit les adversit\u00e9s religieuses de l\u2019espace r\u00e9publicain. Les citoyens d\u00e9couvrent alors la fraternit\u00e9 dans la pratique f\u00e9conde de leur raison commune. Enfin, aucune instance particuli\u00e8re, aucune institution partisane, n\u2019est en droit de dicter au peuple qui il est et comment il doit \u00eatre. Le peuple se d\u00e9finit souverainement au fil de son exp\u00e9rience historique et sociale qu\u2019il interpr\u00e8te au moyen de l\u2019instruction dont il se dote, de la culture qui le forme et ainsi, par la d\u00e9lib\u00e9ration et les luttes \u00e9clair\u00e9es qu\u2019il conduit. La la\u00efcit\u00e9, c\u2019est l\u2019appropriation dynamique par les citoyens de leur identit\u00e9 historique, politique et morale. La R\u00e9publique fran\u00e7aise n\u2019est pas la fille a\u00een\u00e9e de l\u2019Eglise, elle ne s\u2019ali\u00e8ne pas \u00e0 une filiation \u00e9trang\u00e8re\u00a0: la\u00efque, elle s\u2019affilie aux seules forces productives de sa propre pens\u00e9e. Forte de la la\u00efcit\u00e9, la nation \u00e9rige \u00e0 jamais l\u2019ind\u00e9pendance ouvri\u00e8re de la parole d\u00e9mocratique. C\u2019est pourquoi la la\u00efcit\u00e9 ne se r\u00e9duit pas au terme juridique d\u2019un \u00e9quilibre de forces entre appareil d\u2019Etat et appareil religieux\u00a0: elle doit \u00eatre comprise et v\u00e9cue comme le vecteur irr\u00e9sistible du progr\u00e8s de la pens\u00e9e au sein du peuple. Quand la \u00ab\u00a0la\u00efcit\u00e9 positive\u00a0\u00bb provoque la confusion des consciences, l\u2019unique la\u00efcit\u00e9 les appelle \u00e0 l\u2019expansion de l\u2019intelligence individuelle et collective. L\u2019humanit\u00e9 du peuple\u00a0: telle est la mission sacr\u00e9e de la la\u00efcit\u00e9.<\/p>\n<p>L\u2019humanit\u00e9 n\u2019est pas une facilit\u00e9, elle se travaille et se cultive. Si les pouvoirs cl\u00e9ricaux encouragent la paresse des esprits, les id\u00e9aux modernes exigent leur effort constant. L\u2019exercice du jugement d\u00e9mocratique demande la discipline de la raison et la rectitude des caract\u00e8res. A peine de sombrer dans la d\u00e9magogie des \u00e9motions et la tyrannie des t\u00e9n\u00e8bres.<\/p>\n<p><strong>Philippe Forget<span class=\"spip_note_ref\">\u00a0[<a id=\"nh5\" class=\"spip_note\" title=\"philosophe, fondateur et responsable de la revue philosophique L\u2019Art du\u00a0(...)\" href=\"http:\/\/old.fnlp.fr\/spip.php?article298#nb5\" rel=\"footnote\">5<\/a>]<\/span><\/strong><\/p>\n<\/div>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<div class=\"notes\">\n<div id=\"nb1\">\n<p><span class=\"spip_note_ref\">[<a class=\"spip_note\" title=\"Notes 1\" href=\"http:\/\/old.fnlp.fr\/spip.php?article298#nh1\" rev=\"footnote\">1<\/a>]\u00a0<\/span>Discours de Beno\u00eet XVI \u00e0 l\u2019Elys\u00e9e, le 12 septembre 2008.<\/p>\n<\/div>\n<div id=\"nb2\">\n<p><span class=\"spip_note_ref\">[<a class=\"spip_note\" title=\"Notes 2\" href=\"http:\/\/old.fnlp.fr\/spip.php?article298#nh2\" rev=\"footnote\">2<\/a>]\u00a0<\/span>Discours de Beno\u00eet XVI aux Bernardins, le 12 septembre 2008.<\/p>\n<\/div>\n<div id=\"nb3\">\n<p><span class=\"spip_note_ref\">[<a class=\"spip_note\" title=\"Notes 3\" href=\"http:\/\/old.fnlp.fr\/spip.php?article298#nh3\" rev=\"footnote\">3<\/a>]\u00a0<\/span><i>Ibidem<\/i><\/p>\n<\/div>\n<div id=\"nb4\">\n<p><span class=\"spip_note_ref\">[<a class=\"spip_note\" title=\"Notes 4\" href=\"http:\/\/old.fnlp.fr\/spip.php?article298#nh4\" rev=\"footnote\">4<\/a>]\u00a0<\/span>Cet adjectif d\u00e9signe l\u2019activit\u00e9 r\u00e9flexive et cr\u00e9atrice de l\u2019esprit humain. Il n\u2019y a aucune raison de l\u2019abandonner aux pr\u00eacheurs de \u00ab\u00a0spiritualit\u00e9\u00a0\u00bb. Il y a bien plus d\u2019activit\u00e9 spirituelle chez ceux qui explorent et transforment la mati\u00e8re que chez ceux qui prennent la pose \u00ab\u00a0spirituelle\u00a0\u00bb<\/p>\n<\/div>\n<div id=\"nb5\">\n<p><span class=\"spip_note_ref\">[<a class=\"spip_note\" title=\"Notes 5\" href=\"http:\/\/old.fnlp.fr\/spip.php?article298#nh5\" rev=\"footnote\">5<\/a>]\u00a0<\/span>philosophe, fondateur et responsable de la revue philosophique L\u2019Art du Comprendre<\/p>\n<\/div>\n<\/div>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<div class=\"mh-excerpt\"><p>par Philippe Forget A grand renfort de spectacle et aux frais de la R\u00e9publique, le pape a \u00e9t\u00e9 re\u00e7u par l\u2019Ex\u00e9cutif fran\u00e7ais, en septembre dernier, <a class=\"mh-excerpt-more\" href=\"https:\/\/blog.fnlp.fr\/?p=284\" title=\"La la\u00efcit\u00e9, vecteur de la raison d\u00e9mocratique\">[&#8230;]<\/a><\/p>\n<\/div>","protected":false},"author":1,"featured_media":13,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[6,3,27],"tags":[],"class_list":["post-284","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-anticlericalisme","category-laicite","category-philippe-forget"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/blog.fnlp.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/284","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/blog.fnlp.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/blog.fnlp.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/blog.fnlp.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/blog.fnlp.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=284"}],"version-history":[{"count":1,"href":"https:\/\/blog.fnlp.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/284\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":286,"href":"https:\/\/blog.fnlp.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/284\/revisions\/286"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/blog.fnlp.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/media\/13"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/blog.fnlp.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=284"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/blog.fnlp.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=284"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/blog.fnlp.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=284"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}