L’Église et ses oeuvres

par Gérald Cusin

Le pape est blanc. Il ne s’agit évidemment pas d’une affirmation à caractère raciste, mais simplement d’un constat visible par tous, puisque c’est la couleur des « vêtements » qu’il porte des pieds à la tête. Ce n’est pas l’expression d’un goût personnel ou -comme on le croît ordinairement – d’une couleur liée à sa charge. Si le pape est tout en blanc, c’est simplement parce que, à l’instar des grandes équipes de football, c’est la couleur de son sponsor.

En effet, selon diverses sources internationales, le réseau Voltaire nous apprend que « la Banque du Vatican fait partie des dix destinations les plus utilisées pour le blanchiment d’argent », devant les Bahamas, la Suisse ou le Liechtenstein. Mieux encore, selon le « London Telegraph » et le « Inside Fraud Bulletin », la cité du Vatican est un des principaux Etats « cut-out », c’est-à-dire un Etat dans lequel la législation sur le secret bancaire rend impossible la traçabilité de l’origine des fonds qui y sont déposés.

On savait déjà que, par le passé, le Vatican a été accusé d’avoir hébergé les fonds spoliés par les Nazis. Il semblerait maintenant qu’une partie des fonds drainés proviennent directement de la maffia avec qui le Saint-Siège aurait entretenu des liens très étroits notamment dans les années 80 pour financer sa lutte en Amérique du Sud contre la « théologie de la libération ».

A Macao ou dans l’Île Maurice, ce sont des banques privées qui opèrent. Au Vatican, c’est directement la banque d’Etat, l’Instituto per le opere di religione qui fait la grande lessive. N’oublions pas que cette banque est reconnue officiellement par la Banque des règlements internationaux, et que l’Union européenne, comme le rappelait un récent article de la Raison a autorisé cet Etat à émettre des euros du Vatican, alors même que ce pays le plus antidémocratique d’Europe ne fait pas partie de l’Union. Un procès retentissant se prépare aux Etats-Unis. Hurlant comme un voleur qu’on dépouille, l’avocat de la Banque du Vatican a déclaré sans rire que « la raison d’être fondamentale (de la banque) est de promouvoir les actes de piété, et que ses clients dépositaires sont essentiellement des employés de l’Etat du Vatican, des membres du Saint Siège, des congrégations religieuses ainsi que des personnes déposant des sommes destinées pour une part au moins ( ?!) à des œuvres de piété ». Il a rappelé enfin que la banque était directement sous le contrôle du pape et que les registres ne sont pas conservés… au-delà de dix ans. Rien que cela pourrait prouver que le contenu des dits livres dégage une odeur pestilentielle et satanique, quand on sait le soin tatillon avec lequel les « monsignori » tiennent leurs archives, ne les distillant qu’au compte-goutte. Témoin, l’affaire de l’ouverture des archives de Pie XII dont on connaîtra peut-être la teneur aux alentours de 2005, et qui pourront peut être confirmer le soutien indéfectible d’Eugenio Pacelli au régime nazi, remis sur la scène de l’actualité par le dernier film de Costa Gavras, « Amen » qui fait bondir Lustiger comme un diablotin sorti de sa boîte.

Ainsi donc l’Etat papal bout plus blanc que tout. On connaissait déjà leur goût immodéré pour laver leur linge sale en famille, et voilà qu’ils font profiter de leur expérience millénaire le crime organisé, les fraudeurs qui ont pignon (pognon ?) sur rue et autres trafiquants de drogue.

A ce propos, le pape (encore lui) a créé quatre diocèses en Russie. Bien sûr c’est pour emmerder les orthodoxes, mais sans doute pas seulement. Plus de 17 millions de dollars (seul chiffre connu) ont été donnés à l’Eglise orthodoxe par l’intermédiaire d’organisations catholiques depuis une dizaine d’années. S’ils râlent, c’est seulement pour la forme. Et quand on connaît les liens de cette Eglise avec la maffia russe (liens qu’elle a échangés avec ceux qu’elle entretenait avec le KGB, mais de toute façon ce sont toujours les mêmes hommes), on peut se dire que l’ouverture du mur de Berlin a permis à l’« institut (romain) pour les œuvres de l’Eglise » de dégager de nouvelles ressources. Pour la plus grande gloire de dieu, bien évidemment.

On apprend également (source AFP) que Jean-Paul II a procédé à trois exorcismes depuis l’avènement de son pontificat. On peut supposer que parmi eux, la purification des livres de compte de l’Instituto a occupé une grande place. Dimanche 17 février 2002, le grand blanchisseur a rappelé que « le démon était toujours à l’œuvre avec ses actions fourbes. » Il a souligné que « l’Eglise offre les instruments, la prière, les sacrements, la pénitence, l’écoute attentive de la parole de Dieu, la vigilance et le jeune (…) pour vaincre la séduction de Satan. » On sait maintenant qu’outre la rémission des pêchés, l’Eglise offre divers services annexes comme par exemple la reconnaissance du dogme de l’immaculée conception aux profits réalisés par les assassins et les criminels du monde entier. Je sais que c’est facile, mais ces prières ne se terminent-elles pas toujours par « Amène ! » ?