Quel est l’ADN de Dieu ?

par Gérald Cusin

La question peut sembler étrange au premier abord. Mais, si l’on y réfléchit, avec tout le sérieux que mérite une telle interrogation, on ne peut manquer de se rendre compte que la réponse est non seulement capitale pour l’avenir de l’humanité, mais encore tout à fait à la portée de nos microscopes.

L’actualité récente vient de nous apprendre qu’une énigme fondamentale venait d’être résolue : l’enfant mort au Temple, était bien le fils de Louis XVI et de Marie-Antoinette, celui qui aurait dû être Louis XVII. Il a suffi pour cela d’aller gratter quelques os. C’en est fini désormais des polémiques sur la descendance des rois « qui firent la France », tous les prétendus Louis XVII qu’on nous a présenté dans le courant du XIXè siècle, n’étaient que des imposteurs : on en dort que mieux.

Je me demande pourquoi on devrait s’arrêter là, alors qu’il serait si simple de faire beaucoup plus fort.

On possède un nombre non négligeable de vénérables reliques : linceul (Turin), morceaux de la vraie Croix (dans une quantité innombrable d’églises), éléments de la couronne d’épines, sainte tunique (à Argenteuil (95), et actuellement exposée à St-Denis (93) pendant toute la période du jubilé), j’en passe et des plus convaincantes (je crois qu’il existe même quelque part un saint prépuce). Tous ces « objets » dont l’authenticité ne fait aucun doute, ne serait-ce que par le soin que l’Eglise prend à les conserver, ont tous été en contact avec le fils de Dieu ; Jésus de Nazareth. Une analyse quelque peu attentive permettrait très facilement de recueillir quelques gouttes de saint-sang séché, de sainte-salive, de saint-poil-de-barbe ou autre permettant une détermination sans faille de l’A.D.N. Le fils étant le père, on connaîtrait ainsi l’ADN de Dieu, et celui du St-Esprit par dessus le marché. Les mécréants en tireraient une sacrée bobine !, et ce serait bien fait pour eux !

Et si, pour des raisons de protection bien légitime de ces témoins indiscutables de notre histoire, on ne pouvait y avoir accès, il resterait toujours la possibilité de tester une hostie ou un peu de vin consacrés, lesquels, je vous le rappelle, sont vraiment le corps et le sang du Christ, et non une représentation symbolique.

D’ailleurs, on pourrait aller plus loin. Bientôt, comme dans Jurassic Park de Steven Spielberg, on pourra reconstituer, à partir de quelques bribes d’ADN, les espèces disparues. On pourrait ainsi créer un « Mystico Park » dans lequel on pourrait voir les clowns de Dieu, de Jésus, des apôtres, du saint-frusquin, etc. : Bien sûr ce serait payant pour les incrédules – qui devraient s’y rendre obligatoirement une fois dans leur vie -, et ce ne serait que justice.

Je me demande pourquoi je suis toujours le seul à avoir de bonnes idées. Pour en revenir à des choses moins sérieuses, Impact Médecin Hebdo n°487 du 7 avril 2000 rend compte d’un récent colloque qui s’est tenu sous l’égide de la médecine du travail : « aspects du screening génétique dans le monde du travail ». Pour l’instant, la loi prévoit l’étude génétique des caractéristiques d’une personne aux seules fins médicales ou de recherche (apparemment pas encore pratiquée en France). « Toutefois, souligne le Dr Sylvie Riou, auteur de l’article, les récentes positions du Medef vis-à-vis du mode de réparation des maladies professionnelles – qui ne pourrait plus être intégral mais au prorata de différents facteurs (dont évidemment la génétique) – inquiètent de nombreux professionnels » : En d’autres termes, en cas d’accident du travail avec séquelles, pour avoir droit à une pension, il faudrait prouver – test d’ADN à l’appui -,que vous n’étiez pas prédisposé à ce type de risque. On apprend également qu’une biopuce, mise au point pas la firme japonaise « Canon » est capable de détecter de nombreuses variantes du gène p 53 suppresseur de tumeurs : cela permettrait de prédire le développement éventuel ou la protection face à certaines tumeurs. Aux Etats-Unis, la firme « Genotic Pharma » propose un Polaroïd génétique capable de dresser notre profil génétique : « un simple prélèvement de salive et la machine analyse en quelques minutes des dizaines de milliers de fragments d’ADN. Ces séquences décodées sont ensuite comparées à une base de données contenant de nombreuses variantes de gènes ». On imagine sans peine, dans l’un et l’autre cas, le profit pour les compagnies d’Assurance, taxant au maximum les sujets « à risque ».

Pour en revenir à notre premier sujet, il faudrait pousser les recherches afin de permettre de déterminer avec précision les sujets atteint (ou présentant les risques potentiels) d’athéisme, d’agnosticisme, d’anarchisme, de communisme, etc. Ils seraient immédiatement privés d’embauche, ou bien confinés dans des emplois sans contact avec les sujets sains. On pourrait également les regrouper dans des réserves particulières en attendant que les progrès de la science permettent de les reconditionner.

Il faut garder espoir dans la recherche.