Le voile comme vous avez toujours voulu qu’on vous l’explique

Dans les toiles de l’araignée, il y a plein de cafards, c’est bien connu. En voici un que j’ai attrapé en surfant (Trouvé sur un site Internet se donnant pour mission d’expliquer les principes religieux).

par Gérald Cusin

« Dis k. A., Pourquoi ma Mère et ma Sœur portent-elles un Hijab ?

– Ta mère et ta sœur portent un hijab car elles ne veulent pas que les hommes dehors voient leur corps et les considèrent comme des objets sexuels. Elles veulent tout simplement être respectées comme tout le monde. Dehors, il y a des femmes qui sont en mini-jupe. C’est leur choix. Certains hommes aiment bien les regarder et aiment bien être avec elles pour s’amuser un peu et puis les quitter. En mettant leur hijab, ta mère et ta sœur disent « Halte ! Avec nous pas besoin de jouer les jolis cœurs. Si tu as quelque chose de sérieux à dire, vas-y, sinon, continue ton chemin !« .

En plus, quand ta sœur se mariera, elle sera fière que le seul homme qui n’est pas de sa famille et qui connaîtra la couleur de ses cheveux et qui verra son corps sera son mari. Son mari sera fier car elle sera sa femme à lui. Et le mari aussi ne sera vu que de sa femme car dehors, lui aussi doit s’habiller modestement. Si ta sœur ne mettait pas le hijab, tout le monde saurait comment elle est et si elle est belle, certains garçons l’embêteraient tout le temps. Aimerais-tu que des garçons embêtent ta sœur ?

Il faut que tu saches que le hijab, ce n’est pas seulement un voile sur la tête. Le hijab, c’est le fait de se couvrir la tête et tout le corps avec des vêtements larges qui ne collent pas au corps, comme ça on ne peut pas voir les formes de la femme. En plus de se protéger du regard des autres et de refuser d’être considérées comme des objets pour les hommes, ta mère et ta sœur obéissent à Allah quand elles portent le hijab. C’est là l’essentiel. Et donc elles seront récompensées par Allah. La prochaine fois que tu vois ta mère, ta sœur ou une femme en hijab, sois fier d’elles car ce sont des femmes courageuses. Encourage-les à garder le hijab et dis-leur combien tu les admires. Ça leur fera plaisir car certaines d’entre elles sont vraiment toutes seules contre tous les autres, ceux qui veulent qu’elle ne soit qu’un objet ou une poupée.

Il n’y a de Puissance ni de Force qu’en Allah. »

Vous êtes convaincus ?

Pas tout à fait, j’ai l’impression.

Alors lisez ce qui suit :

« La nécessité de se couvrir le corps sauf le visage et les mains (et les pieds d’après certains savants ) figure dans ce verset du Coran où Dieu dit : « Et dis aux croyants de baisser leur regard et de garder leur chasteté. (…) Et dis aux croyantes de baisser leur regard, de garder leur chasteté, de ne montrer de leurs parures que ce qui en paraît, et de rabattre leur foulard sur leur poitrine. (…) » (24/30-31). Selon Ibn Abbâs, Mujâhid, al-Hassan, adh-Dhahhâk, et d’autres, les termes « ce qui en paraît » désignent le visage et les mains, qu’il n’est pas obligatoire de couvrir. Selon Aïcha ces termes désignent le visage, les mains et les pieds. »

Argumentation scientifique renversante, non ? Si on avait donné à tout le monde ces explications dès le début, il n’y aurait pas eu tant d’histoires.

Si, par hasard, vous trouvez que l’Islam est décidément une religion bien rétrograde, je vous conseille de lire ce que pensait des femmes le véritable fondateur du christianisme, à savoir Paul de Tarse, dit St-Paul, celui qui fut victime d’une insolation sur le chemin de Damas : « Le chef de tout homme c’est le Christ. Le chef de toute femme c’est l’homme. Le chef du Christ c’est Dieu. Tout homme qui prie ou prophétise la tête couverte fait affront à son chef [le Christ]. Mais toute femme qui prie ou prophétise tête nue fait affront à son chef [l’homme]. Car c’est exactement comme si elle était rasée. » (Première Epître aux Corinthiens, 11/3-5) « L’homme, lui, ne doit pas se voiler la tête : il est l’image et la gloire de Dieu. Mais la femme est la gloire de l’homme. » (idem, 11/7).

C’est vieux tout ça ? C’est que vous ne connaissez pas bien ce qui fonde l’Eglise d’aujourd’hui, à savoir l’encyclique Rerum Novarum (1891) : « De même, il est des travaux moins adaptés à la femme que la nature destine plutôt aux ouvrages domestiques ; ouvrages d’ailleurs qui sauvegardent admirablement l’honneur de son sexe et répondent mieux, par nature, à ce que demandent la bonne éducation des enfants et la prospérité de la famille. » Ce qui d’ailleurs n’a pas empêché nos bons chrétiens-sociaux européens et français de voter la suppression généralisée du travail de nuit des femmes. « Que ta main gauche ignore ce que fait ta main droite. »

Rions un peu avec les évangiles

Heureusement, il n’y a pas que du sérieux et du scientifique : Un autre site Internet propose de réécrire les évangiles [1] à partir de morceaux de ceux-ci pris aléatoirement, le produit du hasard n’est pas moins convaincant que l’original. Jugez plutôt ce que j’ai obtenu en deux clics

Evangile de Jésus-Christ selon saint-Marc.

Dès le point du jour, Jésus retourna au bord du lac de Galilée tout en se dirigeant vers Jérusalem. Un chef des prêtres dit dans l’espoir de trouver quelque prétexte pour l’accuser :

- Quel signe miraculeux peux-tu nous montrer pour prouver que tu as le droit d’agir ainsi ?

Mais il lui répondit :

- En vérité, malheur à vous, pharisiens, vous mourrez dans vos péchés. Que celui qui a des oreilles pour entendre, qu’il entende.

Puis, s’adressant à ses disciples, Jésus déclara :

- Parce que vous avez cru en moi, vos noms seront inscrits dans le ciel. C’est là qu’il y aura des pleurs et d’amers regrets.

Les foules qui entendaient ses réponses étaient profondément impressionnées par son enseignement.

Acclamons la parole de Dieu !

Evangile de Jésus-Christ selon Saint-Matthieu

A son retour en Galilée, Jésus enseigna dans une synagogue, suivi d’une foule nombreuse qui le serrait de tous côtés. Un chef des prêtres se leva et dit dans l’espoir de trouver quelque prétexte pour l’accuser :

- Quel signe miraculeux peux-tu nous montrer pour prouver que tu as le droit d’agir ainsi ?

Mais il lui dit :

- Vraiment, je vous l’affirme : malheur à vous qui provoquez la chute de quelqu’un, car vous avez déjà reçu toute la consolation que vous pouvez attendre. Personne n’est bon, sinon Dieu seul.

Après quoi, se tournant vers ses disciples, Jésus poursuivit :

- Si vous ne doutez pas, vous serez avec moi dans le paradis. Car celui qui n’est pas avec moi est contre moi.

La nouvelle de ce qui s’était passé fit le tour de toute la contrée. Acclamons la parole de Dieu ! »

Acclamons, acclamons, mais bonnes vacances quand même

Notes

[1] (http://www.charabia.net/gen/gendisp.php ?gen=94), mais ce site n’existe plus à ma connaissance en 2007