Prier ou respirer, il faut choisir

On ne nous écoute pas assez : depuis le temps que nous déclarions à longueur de colonnes que fréquenter les églises était dangereux pour la santé et que la religion intoxiquait. Malheureusement nous n’avions que trop raison d’alerter le public : Une étude scientifique de l’université néerlandaise de Maastricht (comme quoi, il ne faut désespérer de rien), nous apprend que les cierges et l’encens dans les églises peuvent être dangereux et potentiellement cancérigènes : « Après avoir brûlé des bougies pendant une journée, nous avons trouvé vingt fois plus de particules que lors d’un embouteillage sur la route », a indiqué l’auteur de l’article Théo de Kok , lequel ne nous dit pas s’il avait allumé ses bougies sur l’autel de St-Christophe, patron des automobilistes. « Ce niveau était si incroyablement élevé que nous avons pensé qu’il fallait en faire un rapport public. »

Imaginez la scène :« Chéri, on va rester encore longtemps coincé sur l’autoroute ?, je te rappelle que la cérémonie était prévue à 11 heures !
- Plains-toi ! Ta mère, assise au premier rang au pied de l’autel depuis une demi-heure, est en train de cracher ses poumons ! Ici au moins, on est tranquille ! Ouvre la fenêtre, respire tranquillement ce bon oxyde de carbone et relaxe-toi ! »

Bref, l’église de Maastricht contenait vingt fois plus de particules PM10 que la limite autorisée par l’Union européenne. De plus, on a également découvert des niveaux très élevés d’hydrocarbures aromatiques polycycliques carcinogènes et des types inconnus de radicaux libres dégagés par la combustion des bougies et de l’encens… Parents, soyez responsables ! N’envoyez plus vos enfants au caté : outre que le curé n’est pas forcément fiable sur certains points, vous pouvez voir revenir le mioche avec une tumeur cancéreuse en sus du traumatisme.

L’archevêché de Paris, interrogé, a indiqué qu’à Notre-Dame, on avait résolu le problème par un nouveau système d’aération. Nous, on veut bien, n’empêche qu’en appliquant le simple principe de précaution, on devrait fermer tous les bâtiments à usage cultuel jusqu’à nouvel ordre. Mettons pendant quelques dizaines d’années, le temps que la toxicité redescende à des niveaux supportables comme ceux du périphérique un vendredi soir vers 18 heures. Et c’est pour la santé physique des paroissiens : peut-être que cette initiative de salubrité publique leur permettrait également de s’aérer l’esprit. Ils feraient ainsi d’une pierre deux coups.

Une campagne d’information indispensable

Une autre mesure prioritaire pourrait être d’écrire en très gros sur les cierges que les croyants achètent pour remercier Saint-Troufignon de les avoir fait gagner au tiercé, (même dans le désordre), « ATTENTION, BRULER UN CIERGE PEUT TUER ! »

Il faudrait également mettre en place un service de sécurité : « Non, Madame, vous ne pouvez pas brûler plus d’un cierge tous les quinze jours, ce sont les mesures imposées par Bruxelles, revenez à la fin du mois, et n’oubliez pas de faire tamponner votre carte de rationnement auprès du bedeau.

- Mais !, c’est pour demander à la bonne vierge le retour de mon fils qui est parti en Cote d’Ivoire !

- Ah, Madame ! Ce n’est pas une raison pour tuer les gens également ici, circulez ! »

Sur les prie-dieu, on pourrait également graver : « PRIER EST DANGEREUX POUR LA SANTÉ »

Il faudrait également infliger une taxe en faveur de la Sécurité Sociale sur les bâtons d’encens.

Les cathos pratiquants (heureusement pour l’Assistance Publique, de moins en moins nombreux) devraient également voir leurs primes d’assurance augmenter. Un peu de réflexe citoyen, que diable ! En sortant des églises, qui sait si ces particules hydromachinchoses de type inconnu, ne restent pas accrochées aux paroissiens ? Les Vatalamesses sont-ils contagieux ? Ne font-ils pas de nous des « malgré nous », des cathos passifs, en quelque sorte, comme il existe des fumeurs passifs ? Dans ces conditions ne faudrait-il pas envisager, à défaut de fermer les édifices, mesure pas toujours bien comprise, notamment par les gens à courte vue et à l’esprit borné comme il y en a tant dans ces genres d’endroits, installer des sas de décontamination, ou mieux, instaurer des mesures de quarantaine par décret préfectoral ? On pourrait aussi leur enlever leurs enfants et les confier à la DASS dans le cadre d’une vaste opération nationale « aide à l’enfance en danger. » A défaut, on pourrait au moins obliger ces gens-là à se couvrir entièrement d’un drap noir et à agiter une crécelle lorsqu’ils se déplacent sur la voie publique, afin que les gens sains puissent faire entrer en hâte leur progéniture et se barricader chez eux en fermant portes et fenêtres, les commerçants pouvant également être autorisés à baisser leur rideau de fer pour cette occasion. A la fin de la grand-messe, le tocsin pourrait exceptionnellement sonner à toute volée pour que les rues soient désertes sur leur passage, le temps qu’ils regagnent leur quartier réservé. Instaurer le couvre-feu pour ces catégories de population à risque ne serait d’ailleurs pas excessif : Voilà tout autant de mesures simples, sûres et coûtant peu d’argent.

Les pouvoirs publics feraient mieux de se pencher là-dessus avant que le scandale ne leur explose à la tête, ou fasse l’objet de campagnes de dénigrement systématique dans une presse pas toujours aussi bien pensante que la nôtre, et toujours prête à se moquer de la religion, des croyants, à exagérer les choses d’une manière grossière et outrancière et à bouffer du curé pour peu qu’on lui en laisse l’occasion.