La croyance en Dieu rendrait la société plus mauvaise

Que ne nous a-t-on pas bassiné avec les racines chrétiennes de l’Europe, valeurs fondatrices qui auraient permis à la société de devenir moderne et d’avancer vers le progrès ?

Des chercheurs viennent d’apporter des éléments de réfutation contre la thèse de ceux qui prétendent que les nations sans Dieu seraient plus exposées que les nations sous Dieu.

Le Times du 3 octobre relate les résultats d’une étude récente selon laquelle les croyances religieuses peuvent causer du tort à la société et contribuer à augmenter le taux de meurtres, le nombre d’avortements, la promiscuité sexuelle et le suicide…

L’auteur de cette étude, le chercheur Gregory Paul a utilisé les données de l’International Social Survey Programme du groupe Gallup research ainsi que ceux d’autres instituts de recherche. « Il est frappant de constater que les Etats-Unis se placent, la plupart du temps comme la plus dysfonctionnelle des démocraties en voie de développement. » Par exemple, on trouve les taux de gonorrhée chez l’adolescent américain à un niveau 300 fois plus élevés que dans des pays démocratiques moins pratiquants. Comme il faut tout vous dire, sachez que la gonorrhée est une infection causée par une bactérie appelée Neisseria gonorrhoeae. Elle peut engendrer une infection de l’urètre, du col de l’utérus, du rectum et de la gorge . Les États-Unis présentent également le taux parmi les plus élevés de jeunes et d’adultes atteints par la syphilis ainsi que le taux le plus important d’avortements d’adolescentes.

« L’Angleterre, malgré les problèmes sociaux existants, a de meilleurs résultats dans la plupart des indicateurs que les États-Unis, bien qu’elle soit un pays bien moins religieux que les Etats-Unis » .

Cette étude, selon Gregory Paul est également valable si on compare la baisse du taux de meurtres, de mortalité précoce, de maladies sexuellement transmissibles, et d’avortements dans les pays scandinaves, au Japon ou en France.

Bon, on peut penser que les conclusions sont discutables, ou qu’en tous les cas, les causes ne sont pas forcément uniquement celles que Mr. Paul souligne. Mais, on ne peut que se réjouir de l’effort fourni pour prouver la nuisance des croyances. En tous les cas, nous aurions tort de nous passer de ces arguments, et n’oublions pas que c’est lorsque les athées se battent que les abbés se taisent.

Le Vatican, quant à lui, ne désarme jamais

Le cardinal colombien Alfonso Lopez Trujillo, ainsi que la conférence des évêques de France ont présenté il y a quelques mois, un « lexique des termes ambigus et controversés sur la famille et les questions éthiques. » Sa rédaction a duré onze ans. Monsieur Ricard, président de la CEF le présente ainsi : « Le projet qui a donné naissance au Lexique remonte en effet à 1994, et, pour être précis, à la Conférence Internationale du Caire sur la population et le développement (5-13 septembre 1994) organisée par les Nations Unies, plus précisément au sein (…) du FNUAP, le Fonds des Nations Unies pour la population, présidée par Madame Nafis Sadik. Certains des participants à cette Conférence s’aperçurent que, tant dans le document préparatoire que dans les discours des responsables du FNUAP, on utilisait, au cours de la Conférence, un langage curieux, presque codé, dans lequel certaines expressions apparemment anodines, mais en fait ambiguës ou à double sens, revenaient régulièrement et pouvaient donner le change sur les véritables intentions des organisateurs de la Conférence. Ces mêmes participants s’aperçurent ainsi que cette manipulation du langage (…) semblait être devenue une habitude dans ce secteur particulier de l’ONU. Conscients de ce que des personnes non averties pourraient se laisser prendre à ce jeu sémantique dans d’autres réunions internationales, et voter, sans s’en rendre compte, en faveur de motions opposées à leurs convictions, ces délégués demandèrent alors au Conseil pontifical pour la famille, qui avait un représentant dans la Conférence, de publier une sorte de lexique des expressions ambiguës ou à double sens utilisées en particulier dans les textes et documents du FNUAP.« 

Quelques exemples ? Selon les auteurs du lexique, quand « on parle d’interruption volontaire de grossesse au lieu d’avortement ; de pilule du lendemain au lieu d’abortif ; d’avortement thérapeutique au lieu d’infanticide ou encore d’aventure extramatrimonial au lieu d’adultère. » Vous avez compris le sens profond de cette grande œuvre : Rappeler que ce que la plupart des être humains normaux considèrent comme des progrès, sur le plan social ou sanitaire, ou plus simplement des pas vers une plus grande liberté individuelle, étaient considérés comme des crimes et des délits à l’époque où l’Église romaine faisaient ployer les peuples sous sa doctrine.

Ainsi, le « libre choix » est condamné parce que si il vise bien la mère, il oublie le droit de vivre de l’enfant, etc., etc. Je vous passe le reste, c’est toujours la même chose. Non, tenez, je vous en passe un quand même, car il vaut son pesant d’esprit logique et scientifique : « la manipulation du langage » conduit à faire du « préembryon » un simple « amas cellulaire ». Or, (accrochez-vous), « l’embryon pré-implantatoire, loin de n’être qu’un ensemble de cellules interchangeables et juxtaposées, est un organisme autonome qui envoie des messages à l’organisme maternel dès sa conception. » Si je suis le « scientifique » auteur de cette profonde réflexion : envoyer des messages, c’est la preuve d’une vie autonome !, je ne dois surtout pas chercher à me débarrasser d’un bouton de fièvre [1] , parce que celui-ci est un organisme vivant autonome : la preuve il envoie à mon cerveau des messages de douleur … A ce prix, ne soignons surtout pas le cancer … Quand on pense que ces gens-là ont prétendu pendant des siècles que la femme n’était qu’un vase dans lequel l’homme déversait sa semence, seul élément procréateur …., et interdisaient qu’on pratique des dissections pour en savoir un peu plus ! … Décidemment, les bulles du pape sont mornes, et il n’aime pas qu’on bâcle les rites.

Notes

[1] Ou une hémorroïde si vous préférez